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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 16:35


Visiblement, à Orange (Bouches-du-Rhône), tout le monde savait mais personne n’osait parler, n’osait faire du tort au clan Bahiad.


Le maire de la commune, Jacques Bompard (MPF), expliquait vendredi que « ça se disait dans la ville ».

 

En effet, la rumeur courait que de très jeunes filles se prostituaient à Orange depuis plusieurs années. Jusqu’au jour où, fin 2007, la rumeur a été attestée par l’une d’entre elles.

Sur ces bribes de témoignage, le commissariat de la ville puis la police judiciaire d’Avignon ont entamé des investigations poussées.


Ecoutes téléphoniques, filatures, vidéos… Les fins limiers de la PJ ont commencé leur travail au début de l’année 2008.


Et après une enquête difficile, Abdeslam Bahiad, 54 ans, président de la société qui gère la principale mosquée d’Orange, est « tombé » mardi ainsi que trois de ses fils et de nombreuses autres personnes, touts placés en garde à vue. Il lui est reproché d’avoir, en profitant de la détresse de certaines, organisé un vaste réseau de prostitution de jeunes Marocaines de 14 à 25 ans.


« Les premières sont arrivées il y a vingt ans, mais il est devenu le cerveau du réseau plus tard », assurait hier un proche du dossier. Rapidement, Drissia, l’une des prostituées, âgée de 42 ans, est devenue la mère maquerelle du système Bahiad.


« C’est elle qui allait chercher la plupart des filles au Maroc. Elle leur promettait des papiers en règle en France et, bien sûr, les familles de ces gamines déboursaient des sommes folles, jusqu’à 9.000 euros, en pensant à tort qu’elles partaient pour un avenir meilleur », explique-t-on encore. « Le pire, c’est que parfois elles faisaient le voyage dans le coffre de la voiture de la mère maquerelle. »


Prostituées « violées et frappées »


Certains proches de l’enquête n’hésitent pas à parler de « traite humaine » en évoquant cette délicate affaire qui implique aussi trois des fils d’Abdeslam Bahiad. Abdelgafour, 24 ans, Omar, 31 ans, et Niky, 33 ans, seraient en fait ses hommes de main.


« Certaines prostituées auditionnées ont affirmé avoir été violées et frappées par les trois fils. L’une d’elles, qui était tombée enceinte, déclare même que l’un d’eux lui a donné de gros coups de poing dans le ventre jusqu’à ce qu’elle perde l’enfant », lâche un enquêteur.


Les prostituées effectuaient leurs passes dans des appartements que Bahiad avait « l’intelligence » de ne pas leur faire payer. Elles étaient ainsi, pieds et poings liés, redevables à leur « mac ».


C’est d’ailleurs dans le bar Le France, que possède Bahiad, qu’elles prenaient régulièrement contact avec leurs clients. Le chef du réseau présumé aurait ainsi pu se bâtir un coquet patrimoine immobilier au fil des années.


« Au moins dix appartements sur Orange et sa maison de 300 m2 dans laquelle il vit avec sa famille. C’est étonnant pour un gars arrivé en France en 1968 et qui depuis n’a travaillé que neuf ans en tant qu’ouvrier agricole », ironise une source proche du dossier.


Selon nos informations, Bahiad, sentant le vent tourner, aurait vendu ces derniers mois une bonne partie de ces biens. La PJ aurait d’ailleurs mis la main sur de nombreux documents de banque attestant des virements de liquidités au Maroc.


Hier, Bahiad, ses trois fils et la mère maquerelle ont été présentés à un juge d’instruction avignonnais en vue d’une mise en examen pour « aide au séjour irrégulier, proxénétisme aggravé et blanchiment d’argent ».


Les quatre principaux suspects, mutiques durant leurs auditions, se retranchent derrière un « complot des prostituées ».

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Published by stefane7408 - dans infos
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